Semi-nomadisme sur les bords de l’Adour au néolithique

Interview d’Aurélien Simonet, archéologue

“Ce qui m’intéresse particulièrement avec cette question de la pêche au saumon, ce sont les implications anthropologiques en termes d’occupation du territoire et la possibilité que permet la pêche d’avoir des occupations beaucoup plus pérennes. C’est-à-dire que, comme on peut stocker, sécher facilement le poisson ou le saler, ou le conserver aussi au froid, pour les périodes pendant la période glaciaire, ça permet de constituer un stock, un surplus, et d’occuper le même site pendant une période importante. Et finalement ça pose la question de la manière dont fonctionnaient ces groupes humains par rapport à leur territoire, qui n’était peut-être pas aussi nomade qu’on le pense, et qui pouvaient être en partie sédentaire…et toute la question est de savoir comment les nommer. Quelle est la terminologie qu’on peut employer, comment on peut appeler ce mode d’occupation du territoire? Est-ce que ce sont des semi-sédentaires, et inversement est-ce que du semi-nomadisme? Donc il faudrait réfléchir sur ces mots et les concepts que ça véhicule derrière. Mais dans tous les cas, je pense que le saumon permet en tout cas de se recentrer sur deux camps, un camp d’hiver, un camp d’été, comme une population amérindienne ou comme les inuits, et qu’on est là très proche de fonctionnement qui seront toujours les mêmes à des époques plus récentes, avec le pastoralisme par exemple, où on a aussi un camp d’été et un camp d’hiver, avec une division assez binaire, saisonnière en tout cas, du temps et de l’espace ».

l’archéologue Aurélien Simonet parle du nomadisme sur les rives de l’Adour au paléolithique

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